Rongeurs en entreprise : comment réagir ?
Rongeurs en entreprise : comment réagir ?
Au-delà de l’inconfort lié à la présence de rats ou de souris sur le lieu de travail, la situation peut présenter des risques sur le plan sanitaire et réglementaire. Si l’employeur a des obligations strictes, le salarié n’est pas démuni. Signalement, démarches, prévention, droit de retrait… Découvrez les bons réflexes à adopter.
Rongeurs au travail : qui est responsable ?
L’employeur doit assurer des conditions de travail sûres et saines. Ce qui inclut la prévention et la gestion des nuisibles, particulièrement dans les lieux accueillant du public ou manipulant des produits alimentaires tels que les restaurants, supermarchés, cabinets médicaux ou entrepôts. Entretien des locaux, gestion des déchets ou encore mise en place de mesures de lutte sont autant d’actions qui relèvent de sa responsabilité.
Que faire si vous repérez un rongeur sur votre lieu de travail ?
Dès les premiers signes (bruits, déjections, traces de grignotage, odeurs), il faut alerter rapidement l’employeur ou son manager afin d’éviter toute contamination bactérienne, prolifération, voire une fermeture temporaire du lieu de travail. Mieux vaut formaliser cette démarche par écrit - mail ou courrier - pour garder une trace. En cas d’inaction, vous pouvez solliciter le CSE ou le service de prévention et de santé au travail.
| À savoir Si vous travaillez dans la restauration, vous pouvez aussi signaler la situation sur la plateforme publique SignalConso, pour informer la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), qui peut intervenir si nécessaire. |
Si la présence de rongeurs expose à un danger grave et imminent (risque infectieux, environnement fortement contaminé), le salarié peut exercer son droit de retrait. Il doit alors prévenir immédiatement son employeur. On parle de danger grave et imminent lorsque la situation dépasse la simple présence occasionnelle :
• Infestation avérée : excréments, urine, traces massives qui peuvent causer une contamination (leptospirose, hantavirus, salmonellose)
• Secteur d'activité : une cuisine collective, un entrepôt alimentaire, un laboratoire sont beaucoup plus exposés qu'un open space
• Câbles rongés : risque électrique immédiat
• Carence de l'employeur : si des signalements répétés n'ont pas été suivis d'action
Une dératisation encadrée
En cas d’infestation, l’employeur (ou le responsable des locaux) doit agir sans délai. En pratique, la dératisation est le plus souvent confiée à une entreprise spécialisée, l’usage de produits étant strictement encadré. Des règles locales peuvent aussi imposer des mesures spécifiques.
Comment limiter les risques ?
Quelques mesures peuvent être facilement adoptées :
- Un nettoyage et un entretien réguliers ;
- Une inspection régulière des conduits, bas de porte, fissures, etc. ;
- Une gestion stricte des déchets ;
- Un stockage sécurisé des aliments ;
- La suppression des accès et abris pour les rongeurs.
| À retenir Les rongeurs peuvent transmettre des maladies. Agir dès les premiers signes permet de limiter les risques pour la santé et d’éviter une infestation durable. |
Pour aller plus loin :
- « Un salarié peut-il refuser de travailler s'il pense être exposé à une situation dangereuse ? », sur le site service-public.gouv.fr
- « Dératisation et désinsectisation : la réglementation », sur le site ASD Protect
- « Invasion de rats et cafards dans la restauration », sur le site SignalConso