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L’inclusion, avec Café Joyeux

Alors que seules 0.5 % des personnes atteintes de handicap mental travaillent en milieu ordinaire (par opposition aux entreprises du milieu protégé), Café Joyeux s’est créé en 2017 avec pour mission de former et d’employer ces personnes. On parle d’inclusion par l’emploi avec Nathalie Leprat, la directrice du Centre de Formation d’Apprentis Joyeux (CFAJ).


VDF : Pouvez-vous présenter les Café Joyeux ? Quelles sont leurs spécificités ?

N.L. :Café Joyeux est une famille de Café restaurants créés à l’initiative de Lydwine et Yann Bucaille. La raison d’être du projet est “l’inclusion du handicap mental et cognitif par le travail, la formation professionnelle et la rencontre”.  Aujourd’hui il y a 15 cafés en France et à l’étranger. En France ce sont 200 personnes qui y travaillent, dont 60 % de personnes en situation de handicap. C’est la seule entreprise « ordinaire » en France qui emploie autant de personnes en situation de handicap.

 

Existe-t-il un « profil-type » de vos employés ?

N.L. : Dans notre entreprise, nous utilisons des thermes marins pour définir le rôle des employés. Dans un café type il y a un équipage entre 11 et 17 personnes. Cet équipage est constitué de 8 à 12 équipiers porteurs de handicap mental, déficience intellectuelle ou troubles autistiques. Les équipiers sont encadrés par 3 à 5 skippers (encadrants) qui sont des personnes « neurotypiques » (personnes qui ont un fonctionnement standard, sans troubles neurologiques). 

 

Pouvez-vous nous parler un peu de votre offre de formation ? 

N.L. : Une formation agent de restauration, titre professionnel du ministère du travail, est proposée à tous les équipiers embauchés au Café Joyeux. Le modèle pédagogique est innovant : la formation se fait au sein des cafés, de manière accessible et adaptée aux besoins de chacun. 
Une première promotion de 7 équipiers a été certifiée en 2022 avec le CQP (Certificat de Qualification Professionnelles) agent de restauration. Une des lauréates a déménagé en Bretagne. Elle a été recrutée récemment dans le service restauration d’une maison de retraite. 

 

Pouvez-vous nous parler de l’impact de cet emploi sur vos salariés en situation de handicap mental et cognitif ?

N.L. : Nos salariés sont heureux de travailler, d’avoir leur place dans notre société. Le travail est la première marche vers l’autonomie. Ensuite c’est l’autonomie dans les transports, un logement sans les parents, une vie de couple pour certains. Pour les équipiers en formation c’est une grande fierté de préparer un diplôme. Un parent d’un équipier lyonnais, benjamin d’une grande famille, me confiait que leur fils était fier de dire qu’il était en formation lui aussi dans les repas de famille. Nous avons lancé une mesure d’impact avec le laboratoire E&MISE (Evaluation et Mesure d’Impact Social et Environnemental) de l’ESSEC. Les premiers résultats seront publiés début 2024.
 

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