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Fausse couche : la comprendre pour mieux agir

Appelée aussi « perte de grossesse », la fausse couche est plus fréquente au cours du premier trimestre. Et si elle est le plus souvent sans gravité, elle n’est pas sans conséquence pour la femme qui en fait l’expérience. Explications.

 

Il existe deux grandes catégories de fausses couches. Précoce, elle survient au cours du premier trimestre de grossesse et concerne au moins 10 % des grossesses. Tardive, elle arrive au cours du deuxième trimestre et représente moins de 1 % des grossesses. 

 

Repérer une fausse couche précoce

Quand elle survient avant 14 semaines d’aménorrhée*, une fausse couche peut se manifester par des douleurs correspondant à des contractions utérines le plus souvent associées à des saignements. « Pour autant, une grossesse sur quatre saigne au premier trimestre, dont la moitié qui évolueront correctement jusqu’à leur terme », rassure le Professeur Cyrille Huchon, gynécologue-obstétricien au sein des hôpitaux Lariboisière et Saint-Louis, à Paris. Un autre signe peut évoquer la fausse couche : la fin des désagréments habituellement associés à la grossesse comme les nausées, les vomissements ou encore la tension des seins. « En cas de doute, il est important de consulter son gynécologue ou de se rendre aux urgences gynécologiques si les saignements sont abondants », précise le Professeur Cyrille Huchon. Un examen médical, une échographie et/ou une prise de sang permettant de doser l’hormone de grossesse (béta hcg) confirmeront qu’il s’agit bien d’une fausse couche. 

 

Plusieurs modes d’action possibles

Si le corps n’a pas tout expulsé, plusieurs options sont proposées à la femme dont la grossesse s’est arrêtée. La première consiste à simplement attendre que l’utérus fasse son travail et que les choses rentrent dans l’ordre. Une échographie de contrôle permettra de vérifier l’état de l’utérus. La deuxième prévoit un accompagnement à l’aide d’un médicament qui favorisera l’expulsion. Il existe enfin une troisième option : l’opération (curetage) réalisée sous anesthésie locale ou générale. 

 

Pourquoi moi ?

Si la cause des fausses couches est généralement inconnue, ces dernières marquent souvent des grossesses qui ne pourraient pas arriver à termes, à cause d’anomalies chromosomiques. « Avant d’avoir mon fils, j’ai vécu une fausse couche à un mois et demi de grossesse, raconte Fatimata. J’étais un peu triste et je me demandais surtout si ce n’était pas de ma faute. Quand on m’a expliqué que c’était simplement une grossesse qui n’aurait certainement pas abouti, ça m’a rassuré. J’ai pensé à ces arbres dont toutes les fleurs ne donnent pas forcément un fruit. »

 

Choisir d’en parler… ou pas

Si elles demeurent assez banales et sans gravité, les fausses couches n’en restent pas moins des événements indésirables qui peuvent être vécus comme un échec, pour la femme comme pour son conjoint. C’est pourquoi il peut être intéressant d’en parler, à un proche ou à un psychologue, si l’on en ressent le besoin. « Il faut aussi savoir qu’une grossesse peut être envisagée sans délai après une fausse couche et que ce second essai est bien souvent concluant », ajoute le Pr Cyrille Huchon. 

*Nombre de semaines à compter du premier jour des dernières règles.

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