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Une rentrée scolaire sans stress

Avec la fin de l’été, retour aux bonnes habitudes pour bien redémarrer l’année… sans céder pour autant aux tensions et au stress. Le point sur ce moment charnière avec Alexandre Hubert, pédopsychiatre*.

 

Que peut-on faire pour une rentrée en douceur ?

Alexandre Hubert : La clé d’une rentrée bien réussie, c’est la préparation. Cela passe par de petites choses, comme ranger son espace de travail, choisir un cartable, échanger sur les emplois du temps de chacun… Tous ces petits rituels marqueront la fin des vacances et le début d’une nouvelle étape.
Je conseille également aux parents de ne pas décaler la rentrée de leur enfant. On pense que c’est anodin, mais c’est en réalité plus difficile pour un enfant de s’intégrer dans un groupe d’élèves qui s’est constitué depuis quelques jours. Cela l’aidera à poser les bases d’une bonne année.


Comment reprendre un bon rythme ?

A. H. : On peut l’anticiper en fonction de l’âge : quelques jours avant la rentrée pour les primaires et une à deux semaines pour les collégiens. Il s’agit simplement de rappeler la date de la rentrée et autres éléments factuels comme évoquer leurs futures semaines, les activités extra-scolaires, les repas pris à la cantine… Cela paraît tout bête, mais psychologiquement, on assimile qu’il s’agit là d’un nouveau cycle et on s’y prépare. Puis, une semaine avant, on reprend un rythme de sommeil mieux adapté en diminuant le temps passé devant les écrans et en se couchant plus tôt
Quant au moment idéal pour rentrer de vacances, c’est à chaque famille de voir ce qui est le mieux ! Une semaine avant, la veille du jour J… il n’y a pas de contre-indication du moment que l’équilibre de l’enfant est respecté.


Que faut-il faire pour rassurer son enfant ?

A. H. : D’abord, se rassurer soi ! Bien évidemment, si les parents sont en larmes devant l’école, les enfants ne vont pas être très sereins. On parle d’effet miroir : plus les parents sont stressés, plus l’enfant le sera et inversement. Il faut en parler, évoquer les angoisses éventuelles, trouver ensemble des solutions, tout simplement. C’est encore plus important s’il y a un changement d’école ou un déménagement. À cette occasion, on peut visiter avec lui l’établissement ou lui montrer son nouveau trajet afin d’ancrer des repères rassurants. La bonne nouvelle est que le calme est également contagieux !


Et le jour de la rentrée ?

A. H. : Le jour de la rentrée, vous pouvez encourager votre enfant en montrant l’exemple : « Tu vois, je suis un peu triste que l’on se sépare, moi aussi j’aurais bien passé la journée avec toi. Mais je sais que tu vas apprendre beaucoup de choses intéressantes à l’école, et on se retrouvera ce soir avec plaisir pour se raconter ce que l’on a fait chacun de notre côté »
Il ne s’agit pas non plus de banaliser ce moment. Expliquer avec des mots à sa portée que vous comprenez son émotion sera plus efficace que de faire comme si de rien n’était. Sans oublier que le stress est en partie une bonne chose : c’est ce qui permet de s’adapter, d’apprendre et d’évoluer… Néanmoins, s’il persiste au-delà de deux semaines, il est conseillé de demander de l’aide (médecin, école…).


* Coauteur avec Anne Bargiacchi du livre L’enfance en questions, déjouer le stress à l’école, Éd. Nathan.

 

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